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Une semaine. Notre dernière rencontre remonte à une semaine. À tous les jours, je priais de toutes mes forces pour qu'elle revienne mais à chaque fois, j'ai été déçu. Peut-être était-ce ma punition pour avoir été aussi lâche? Six jours plus tard, je n'espérais plus rien. Je m'étais déjà fait à l'idée de ne plus jamais la revoir. Nous étions tous réunis, comme à notre habitude, autour de la table. Ino était encore une fois au téléphone avec son petit-ami. Ils vivaient une très mauvaise passe à ce que j'avais cru comprendre. Et puis, Naruto et les autres étaient toujours dans leur éternelle conversation sur le dernier mauvais coup en date. Je trouvais ma vie bien triste. Un continuel recommencement. Je me préparais à quitter mais l'orage qui faisait rage au dehors du casse-croûte refroidit mes ardeurs et c'est ainsi que je décidai de prolonger ma soirée ici. Je ne sais pas si Dieu existe réellement mais une chose est certaine : la chance était de mon côté, ce jour-là. Une personne que je ne pouvais reconnaître entra dans le fast-food. Cette personne portait un manteau en laine grise qui lui cachait la figure. Je pouvais aisément deviner que c'était une femme qui était cachée sous cette montagne de tissu affreux, puisque la silhouette était minuscule. Ino murmura un commentaire désagréable du genre : « visez-moi ce clochard » et j'étais à peu près en accord avec elle. En effet ce manteau était hideux mais quelque chose m'empêcha de formuler cette pensée à voix haute. La fille alla se placer à la table où l'inconnue s'installait habituellement ce qui me fit grimacer car cela rendait son absence encore plus palpable. La serveuse alla prendre la commande de la nouvelle venue et c'est à ce moment là que la cliente décida de se débarrasser de son encombrant manteau. Je manquai de m'étouffer avec mon éternelle soupe à l'oignon lorsque je reconnu la fille. C'était elle. Elle était revenue! Comme à son habitude, la jeune fille était vêtue de bleu ce qui faisait magnifiquement ressortir ses yeux verts me faisant instantanément oublier l'horrible morceau de tissus qui lui avait servi d'abris contre la pluie. L'inconnue en bleue dégustait tranquillement son café sans jeter le moindre regard dans ma direction qui aurait pus démontrer qu'elle avait remarqué ma présence. Ce manque d'intérêt envers moi était une assez bonne raison pour refroidir mes ardeurs. Comment allait-elle réagir lorsque je m'approcherais d'elle pour lui parler? Chôji me lança un regard en coin qui signifiait : tu ne t'en sortiras pas comme ça. Tu va aller lui parler. Ou quelque chose dans ce genre là. Tout mes amis semblèrent remarquer sa présence et la regardèrent comme un seul homme. La jeune fille qui était concentré sur un bouquin que j'avais étudié en cours d'anglais, l'année dernière « Le surhomme » du philosophe Allemand Friedrich Nietzsche, n'avait pas remarqué qu'elle était le centre de l'attention. J'étais plutôt surpris. Ce bouquin, particulièrement chiant, était d'une complexité effarante. Moi-même, je ne l'avais jamais lu au complet. Il est ennuyeux comme la pluie. Cependant, j'étais plutôt heureux de constater que cette fille était brillante. Qui voulait se trimballer une idiote? Pas moi en tout cas. Pourtant, j'étais déjà sorti avec plusieurs filles, dont leurs seules préoccupations étaient leurs fringues supposément passé de mode ou leurs cheveux. Mais était-ce de ma faute si le monde dans lequel je vivais était superficielle. Rempli de conversations vides et de faux semblants? Je ne me sentais aucunes réelles affinités avec personne. Excepté Chôji. J'ai toujours trouvé la vie sans intérêts. Pourtant, j'ai la sensation qu'il y a beaucoup plus qui m'attend plus loin et cette seul pensé réussis à me faire tenir, jour après jour. En frissonnant je décide de reporter mon attention vers la conversation qui m'entourait avant qu'elle ne me surprenne à la fixer comme un désaxé.
-Ah! Je suis vraiment fatiguer! La vie est injuste! Ma mère ne veut même pas me prêter notre résidence secondaire pour mon anniversaire! Nous confia Ino avec une moue boudeuse.
Je poussai un soupir en levant les yeux au plafond.
-Voyons! Moi, mon père a refusé de m'acheter la nouvelle Porsche dont je rêve depuis une semaine! Beugla Naruto en toisant la jeune fille d'un air supérieur comme si son malheur était cent fois pire.
Cette fois-ci, ce fut Kiba qui alla rajouter son grain de sel en nous disant :
- Vous ne savez pas quoi? Mon père m'a dit que si je ne reprenais pas l'entreprise familiale, il allait me déshériter!
Je sentais la moutarde me monter au nez. Plus les années passait, moins je reconnaissais mes amis. Ils avaient tellement changés ces deux dernières années. Je me demandais souvent ce qui nous retenait ensemble. Je détaillais chacun des visages qui m'entouraient en me disant qu'il y a quelques années à peine, ils étaient des enfants comme les autres. Ils aimaient jouer avec des petites voitures. Et maintenant, ils réclament des Porsche à leurs parents. Le temps et l'argent font de graves ravages chez les gens. Des ravages indélébiles. Tout le monde change. En bien ou en mal. Tout dépend de la force dont va faire preuve chaque individus. Je leur adresse un dernier regard avant de me lever sèchement. Ces dernières révélations m'ont en quelques sortes dégoûtées de leur présence. Je m'éloigne de leur table en marchant lentement, les mains dans les poches. Je sens leurs regards insistant me brûler la nuque. Je me dirige d'un pas incertain vers la table juste à côté. Je me sens sur le point de défaillir. La nervosité me rend complètement débile et m'assèche la gorge. Qu'est-ce que je vais lui dire? Qu'est-ce que je vais lui dire? Elle est à moins d'un mètre de moi, maintenant. Ce n'est plus le temps de reculer. Ça y est, elle m'a vu. Je dois lui dire quelque chose mais quoi? Elle me regarde sceptiquement, se demandant sûrement ce que je lui veux. Mon c½ur bat tellement vite, j'ai l'impression qu'il va me sortir de la poitrine tant il me fait mal. Elle est encore plus jolie de près. Je peux sentir d'ici l'odeur de ses cheveux blonds. Ils ont une odeur particulière, que je n'ai jamais sentie dans ma vie. Elle portait ses habituelles quatre petites couettes qui lui donnaient un petit air juvénile, véritablement craquant bien que j'étais persuadé qu'elle devait être un peu plus âgée que moi. Ses yeux verts sont fixés sur mon visage et je pouvais y lire un certain mélange d'agacement et de curiosité. Elle donnait l'impression d'avoir beaucoup de caractère et de dignité. Une espèce d'aura sauvage l'entourait, lui donnant un côté délicieusement dangereux. J'avais les mains moites et la gorge noué par l'émotion. Nous nous regardions depuis presque une minute, intensément. J'avais l'impression d'être fiévreux. J'avais chaud et froid à la fois. J'étais heureux et malheureux. Ses prunelles dans les miennes étaient magnifique et me faisait rêver. C'étais comme si ses yeux avaient été crée pour se mirer dans les miens et vice versa. J'avais terriblement soif d'amour. J'avais un besoin d'aimer qui venait d'exploser dans ma poitrine mais pourtant je savais très bien que je ne voulais aimer personne d'autre que cette fille. En aurais-je la force? Ou simplement l'envi? Je la regardais toujours en silence cependant, elle n'avait pas l'air ni effrayer ni exaspéré par mon intrusion. Elle semblait tout simplement perplexe mais ne détachait pas ses yeux de moi. Ce fut moi qui brisai cet instant magique en murmurant timidement :
-Bonjour...
Elle prit quelques secondes avant de me répondre. Son regard tomba sur la table où tous mes amis y étaient assis et qui nous regardaient, se délectant visiblement du spectacle que nous leur offrions.
-Heu...bonjour. Se contenta-t-elle de me répondre en me regardant droit dans les yeux.
Mon c½ur accéléra sa cadence et je dû me retenir sur le coin de la table pour ne pas m'étaler de tout mon long devant elle, ce qui aurait été humiliant au dernier degré. Elle posa ses yeux sur la chaise face à elle et m'invita à m'asseoir avec un simple regard. Je m'exécutai en automate. Je ne pouvais croire que j'étais véritablement en train de lui parler. Elle reposa son livre sur la table, s'installa bien confortablement sur sa chaise et ce sans me quitter une seconde des yeux et tout ceci se passa dans un silence religieux.
-Je...m'appelle Shikamaru Nara et...
La jeune fille m'interrompt et me dit en souriant :
-Enchantée de faire votre connaissance, Shikamaru Nara! Dit-elle avec une petite moue amusée aux lèvres.
Elle croisa ses bras sur sa poitrine mais ne rajouta plus rien. Je me sentais comme un idiot face à elle mais je ne me décidais pas à partir. Et puis je n'avais pas fait tout ces efforts pour rien. Je posai mon regard sur son livre et lui fit remarquer en souriant :
-Wôw! Ce n'est pas une lecture facile que tu fais là. Le surhomme...quel belle invention!
L'inconnue me regarda les sourcils froncés et me dit :
-Ah? Alors tu ne crois pas que le surhomme pourrait exister?
Je me bornai à hocher la tête mais concéda finalement à expliquer le fond de ma pensée :
-Ce livre est complètement utopique! La façon qu'a Nietzsche de démontrer une morale que le monde ne possède pas, je trouve cela...aberrant.
La jeune fille poussa un soupir et approcha son visage du mien et me souffla :
-Je suis d'accord avec toi sur ce point. L'humanité n'a pas de moral. Ou plutôt : elle favorise les plus fortunés.
Je baissai les yeux, un peu honteux par l'énorme fortune qui pourrissait dans mon compte en banque.
-L'argent fait tourner le monde mais est-il interdit de souhaiter qu'un jour, l'ordre des choses soit rétablie ? Et puis, peut-être n'as-tu jamais rencontré de surhomme mais je peux t'assurer qu'il y a une surfemme ! S'exclama la jeune femme, les yeux à demi fermer.
J'étais surpris par sa façon de voir la vie, tellement idéaliste. Comme une personne qui
malgré toutes les horreurs auxquelles le monde l'a confronter, n'a pas encore perdu espoir face à l'humanité. Une humanité que je croyais perdu à jamais. Une humanité corrompu et égoïste.
-Tient donc ? Une surfemme ! C'est la première fois que j'entends cela ! Et qui est-ce ?
L'inconnue eu un sourire arrogant et déclara :
-Moi !
Elle me fit un clin d'½il rapide et se leva d'un bond et juste avant qu'elle aille franchit la porte, je réussis à lui demander :
-Est-ce que tu va être là demain ?
-Hum...peut-être bien !
Puis, elle sortit sous la pluie battante. Elle était partit aussi vite qu'elle était venue. Un véritable coup de vent mais qui avait rafraîchit ma vie. Cette fille, dont je ne connaissais pas encore le nom, était...toute ma vie désormais.
Extrait du journal de Temari : 5 octobre 2008
Je ne peux pas croire à ce qui vient de se passer. Cher journal, il y a des années que je n'ai vécu d'aussi merveilleuses journées. Tu sais, le garçon dont je n'arrête pas de te parler ? Et bien il est venu me parler, cet après-midi. Il s'appelle Shikamaru Nara. Il est gentil et vraiment intelligent bien que je trouve que sa vision de la vie soit un peu pessimiste. Il a vraiment beaucoup de classe et parle avec des mots super intelligents ! Ce qui n'est pas vraiment surprenant quand on sait dans quel établissement scolaire il étudie. Son uniforme ne ment pas. Il va à l'école de la feuille. J'en ai toujours rêvé ! Mais je n'y mettrai jamais les pieds excepté en rêve. Depuis que je lui ai parlé, je me sens encore plus loin de lui. Comme si le gouffre nous séparant venait de se creuser encore plus. Il est tellement riche ! Et beau...tandis que moi...je dû lâcher l'école vers l'âge de 14 ans pour prendre soin de mes frères. Je n'aurai jamais de prestigieux travail. Je ne serai jamais riche. Il ne me reste plus rien. Mis à part mes frères...Kankurô et Gaara...que serais-je sans vous, chers petits frères...J'ai dû faire des choses terrible pour leur survis mais je crois que ça en valait la peine ! Gaara est un élève exceptionnellement brillant et je sais qu'il va aller loin...quant à Kankurô...il va toujours me surprendre, celui-là ! Il est plein de talents cachés que lui-même ignore posséder ! Pauvre chou ! Il se sent tellement inférieur à Gaara ! Et moi...moi ? Que va-t-il m'arriver dans quelques années ? Quand ils auront chacun leur vie...Il ne se passe pas une journée sans que cette question sans réponse ne me hante. Et puis, zut ! je verrai lorsque le moment sera venu ! Je suis forte et indépendante ! J'ai toujours réussis à m'en sortir et ça ne changera jamais. Bon, je vais te laisser journal...demain est une autre dure journée en prévision...je dois aller faire les courses mais il ne me reste plus un sous..bof...je me débrouillerai demain ! Et puis je dois le revoir. Shikamaru...
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